samedi 31 janvier 2015

Résultats de la reproduction des ibis chauves pour la saison 2014

Le suivi de la reproduction des ibis a été réalisé, comme à l’accoutumé, aux niveaux des différents sites de nidifications, celui de Tamri et ceux localisés dans la zone du PNSM (A, B, F et E). Ce suivi a consisté à observer chaque nid pour suivre son historique et déterminer le nombre de couples nicheurs, la taille de la ponte, le nombre de poussins produits, ainsi que celui des poussins qui ont réussi à l’envol.
A Tamri, la saison de reproduction a débuté le 4 Février pour s’achever le 29 Mai 2014. L’analyse des données collectées a permis de constater la nidification de 63 couples, parmi lesquels 57 ont réussi à produire 151 poussins, dont 80 ayant réussi à quitter le nid. Le taux de survie ainsi relevé à
Tamri est 53 % et la productivité 1.4 Poussins/Couple.
Dans la zone du PNSM, la reproduction a commencé le premier Février et a pris fin le 11 Juin 2014. Un total de 61 couples se sont répartis sur les sites A, F et E pour nicher (respectivement 20, 20 et 21). 58 couples ont produits 129 poussins, avec 112 qui ont quitté le nid. On a donc noté dans la zone du PNSM un taux de survie ayant atteint cette année 86% et la productivité 1.9 Poussin/Couple.
A l’issu de la saison de reproduction de 2014, la population de l’ibis chauve a connu au niveau de la région de Souss-Massa, la nidification de 124 couples parmi lesquels 115 couples reproducteurs ont donné naissance à 280 poussins. Avec un taux de survie de 68%, 192 poussins ont réussi l’envol, attribuant à la population une productivité de 1,6 Poussin /Couple.
Le tableau, ci-dessous, résume le bilan de la reproduction des ibis, au niveau de chaque site de nidification, durant la saison de 2014.

Paramètres
PNSM
TAMRI
PNSM & TAMRI

Site A
Site F
Site E
Total


Couples nicheurs sans ponte
20
20
21
61
63
124
Couples reproducteur avec pontes (1)
19
18
21
58
57
115
Poussins produits
35
41
53
129
151
280
Poussins ayant quitté le nid (2)
30
36
46
112
80
192
Taux de survie des poussins (%)
58,7
87,8
86,7
86,8
52,9
68,5
Productivité (2/1)
1,6
2
2,2
1,9
1,4
1,6
Tableau 1. Résultats de la reproduction au niveau des différents sites de nidifications.

La comparaison des différents paramètres de la reproduction des ibis avec ceux de l’année précédente (Tableau 2), montrent clairement une amélioration des performances de la population des ibis en 2014. La raison revient probablement aux conditions climatiques qui ont régnées dans la région. Bien que peu favorables avec les 60 mm de pluie enregistrés pendant cette saison, les précipitations qui se sont produites en janvier (30 mm) et en mars (30 mm) ont pu contribuer à améliorer la disponibilité alimentaire au profit des ibis, respectivement au début de la nidification et au moment du nourrissage des poussins.

Paramètres
PNSM
Tamri
PNSM &Tamri
2013
2014
2013
2014
2013
2014
Couple nicheur sans ponte
56
61
62
63
118
124
Couples avec pontes (1)
53
58
60
57
113
115
Poussins produits
101
129
161
151
262
280
Poussins ayant réussi l’envol (2)
77
112
71
80
148
192
Taux de survie des poussins (%)
76,2
86,8
44
52,9
56,4
68,5
Productivité (2/1)
1.4
1,9
1.1
1,4
1.3
1,6
Tableau 2. Comparaison des résultats de la reproduction entre 2013 et 2014

Le suivi de l’évolution des paramètres de la reproduction, dans la région de Souss-Massa, (Figure 1) montre que la population des ibis chauve compte actuellement le plus grand nombre de couples reproducteurs, jamais recensé depuis le lancement du programme de conservation de cette espèce en 1993. Le nombre de poussins qui connait des fluctuations importantes a également atteint un chiffre record d’environ 200 poussins.


Figure 1 : Evolution du nombre de couples nicheurs et de poussins produits par la population des ibis
 dans la Région de Souss-Massa

Le recensement des ibis chauves au terme de la saison de nidification la population des ibis au niveau de la région de Souss-Massa, a permis de dénombrer les 524 oiseaux (Figure 2).


Conclusion :
En conclusion, la population des ibis a connu une bonne saison de reproduction au cours de laquelle nous avons enregistré un chiffre record de 115 couples reproducteurs. Ces derniers ont donné naissance à 192 poussins, soit une productivité de 1,6 poussin/couple.
Au terme de cette saison de reproduction, l’effectif de la population des ibis dans la région de Souss-Massa, a été estimé, à 524 ibis.
Il y a lieu de noter que malgré une productivité annuelle dépassant les 100 poussins, la taille de la population des ibis à Massa et à Tamri, n’a pas connu un croissement significatif, en raison de la dispersion postnuptial affectant une partie de la population. Ceci est confirmé par les observations de groupes d’ibis, hors du territoire du PNSM et celui de Tamri, notamment cette année à Imessouane et Sidi Kaouki, au nord de Tamri. Il devient donc nécessaire d’assurer le suivi des mouvements de dispersion, à travers le baguage et l’équipement par satellite de groupe d’ibis, pour localiser les différents sites fréquentés par les oiseaux.

vendredi 7 mars 2014

SAS le Prince Albert II de Monaco visite le Parc de Souss Massa au Maroc pour la protection de l’Ibis chauve


Depuis 4 ans, la Fondation Prince Albert II de Monaco soutient l’action de BirdLife International, par le biais de son partenaire espagnol, SEO/BirdLife et, après son affiliation au réseau international, l'ONG  marocaine le GREPOM, pour consolider la  population de cette espèce classée en danger critique d’extinction par l’UICN.

Au cours de ce déplacement, le Prince Souverain et Bertrand Piccard ont pu s’entretenir avec les acteurs locaux sur la problématique de l’ibis chauve et les efforts réalisés dans le cadre de ce projet pour préserver cette espèce symbolique. Un trophée en l’honneur de cette visite a été remis par le GREPOM au Prince.

L’Ibis chauve appelé aussi Ibis érémite vit en colonies sur des parois rocheuses semi-arides et sur des falaises côtières. C’est un échassier qui a une hauteur de 80 cm et une envergure de 120 à 130 cm. Il a, comme son nom l’indique, la tête chauve, un plumage noir-bleuté et un long bec courbe et rouge. Il se nourrit de lézards, d’insectes et de petits animaux.

Autrefois l’Ibis chauve était très répandu dans le moyen orient, l’Afrique du nord, et l’Europe du sud. En Egypte, il symbolisait la splendeur  pour les contemporains des pharaons qui  le représentaient souvent dans leur hiéroglyphes. Il a été depuis décimé par l’activité humaine. Il y avait donc urgence à s’engager pour sauver cette espèce de l’extinction.

Cette année les opérateurs de terrain ont vu leurs efforts récompensés avec une fructueuse saison de reproduction.

En effet, 148 poussins se sont envolés en 2013. Depuis 1996, la population a pratiquement doublé. Aujourd’hui on évalue à 113 les couples reproducteurs.

Ce projet qui est en passe de devenir une nouvelle « success story » pour la Fondation Prince Albert II de Monaco avec la sauvegarde d’une nouvelle espèce constitue également pour le parc national de Souss Massa, dont l’Ibis chauve est l’emblème, une grande opportunité pour le développement de l’écotourisme dans la région d’Agadir.


Ce projet est donc l’exemple même d’une réussite de protection de la biodiversité qui a des incidences positives sur les populations locales et le développement économique d’une région jusqu’à présent très isolée.

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mercredi 25 septembre 2013

Ibis chauves repérés à Sidi Kaouki

Une douzaine d'ibis chauves ont occupé les rochers et la zone arrière de la plage à Sidi Kaouki au Sud d’Essaouira pendant quelques semaines en février 2013. Sylvie Brignon, auteur de ces observations, nous a aussi procuré ses photos.

Il s'agit du plus grand groupe enregistré dans les dernières décennies loin de la zone de distribution habituelle de l'ibis chauve dans la région entre Tamri et Souss-Massa.

Photo, Sylvie Brignon

Les localisations d'Aylal les plus éloignées enregistrées étaient dans la zone de la Commune Tafedna, quelque 70 km au nord de Tamri, mais un site fréquenté par quelques oiseaux, normalement des jeunes, est près d'Imsouane, 20 km au nord de Tamri. La nouvelle localisation à Sidi Kaouki est à quelque 140 km à vol d'oiseau de cette colonie.

Photo, Sylvie Brignon



Voir aussi ici

dimanche 22 septembre 2013

Dispersion juvénile

Beaucoup de jeunes ibis se dispersent dans la région de Souss-Massa-Tamri, ou dans les alentours, comme dans l’aire d’Imessouane.
Jeunes ibis photographiés à Immessouane (© JFO-SEO/BirdLife)
Cependant, un nombre important de jeunes vont beaucoup plus loin. Au fil des années, le projet de conservation dans ibis chauve Maroc ont a recueilli beaucoup de ces observations par des collègues et ont a aussi mené des entretiens systématiques et spontanées.

Quelques uns des emplacements approximatifs des observations d’Ibis chauve au cours des 20 dernières années. Les flèches indiquent les colonies.
Un site d’observation habituel est Sidi Ifni, située sur la côte non loin de PNSM. La région de Tan-Tan et Goulimine sont bien au sud des colonies de reproduction et ont a enregistré plusieurs observations au fil des ans. Encore plus loin sont les observations faites à Boujdour, au Moyen-Atlas ou Péninsule Tingitane, à la fois à l'intérieur et au nord.

Même s'il ya eu quelques commentaires à Dakhla, dans le Sahara Atlantique, et plus au sud encore, à Cabo Blanco, en Mauritanie. C'est précisément là bas où notre collègue Michel Cedenilla, de l'équipe chargée de surveiller la grande colonie de phoques moines, a prise cette photo.

(Photo © Michel Cedenilla)
Sauf certains cas particuliers, presque toutes les observations ont été de deux à cinq jeunes ou sous-adultes. L'un des principaux objectifs de recherche est d'en apprendre davantage au sujet de cette dispersion, de sorte que toute observation faite est d'une grande valeur. Le télédepistage des ibis chauves a, aussi, ce but.



Pour savoir d'avantage sur la dispersion des ibis chauves au Maroc 

mardi 17 septembre 2013

Saint-Gall, 1562

Saint-Gall en 1548
(de Wikimédia)
La collection de codex numérisés de la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Gall (Sankt Gallen), en Suisse, l'une des bibliothèques les plus anciennes et les plus riches au monde, nous offre un ouvrage singulier présentant un grand intérêt pour connaître la distribution historique de l'ibis chauve.

L'histoire de l'abbaye est curieuse par elle-même, étant donné qu'elle est restée catholique pendant près de trois siècles, bien que la ville eût embrassé la réforme protestante. La fortification de l'abbaye permit de protéger les images des incursions des iconoclastes.

Au milieu du XVIe siècle, le Prince-évêque
Diethelm Blarer commanda à l'italien Manfredo Barbarini Lupo, de Correggio, une série de pièces chorales à quatre voix pour les différentes festivités religieuses de l'année. En 1562, l'œuvre fut terminée, avec des textes du père Heindrich Keller et, sur les premières pages, des enluminures de Kaspar Härtli, de Lindau, au nord du lac de Constance.
Sur certaines pages, les illustrations montrent de nombreuses images d'oiseaux.

Sur la page 5 figurent de nombreuses espèces, des chardonnerets, corneilles, troglodytes, rouges-gorges, bouvreuils, bergeronnettes ou becs croisés, même si certaines ne sont pas faciles à identifier. 

Au centre du folio il y a une image des plus précises, qui montre un jeune ibis chauve, ce indique que l'artiste était familier de cette espèce.

Source 
Cod. Sang. 542, page 5, Stiftsbibliothek St. Gallen / Codices Electronici Sangallenses http://www.cesg.unifr.ch





Traduction: E. Langrené

dimanche 15 septembre 2013

Waidhofen, 1383



Waidhofen an der Thaya est une ville de Basse-Autriche, non loin de la frontière tchèque.

Une image de 1383 dans le Stadtbuch (livre de la ville, document médiéval qui contenait les principaux accords juridiques qui régissent la municipalité) représente un ibis assez ressemblant, malgré certaines libertés artistiques. La tête étant noire, il doit s’agir d’un jeune qui n’est pas encore chauve comme les adultes.




En 1980 on édita en Autriche un timbre commémorant le 750 anniversaire de la fondation de la ville qui valait 2,5 Schilling et qui reprenait la page principale du livre de la ville.





En fin, à la limite du district de Waidhofen, il y a un marché (Marktgemeinde) dénommé Vitis, dont il existe des traces qui remontent à 1150 et sont antérieures à la ville elle-même. Sur son blason figurent une église et, nichant sur son toit, un oiseau au long cou et au plumage noir, qui peut être un ibis chauve.






Traduction: E. Langrené
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